Contrôle animalier des animaux de compagnie
au Québec par
des mises à mort de masse!

Au Québec, on gère la surpopulation animale par des mises à mort de masse et on identifie ce génocide comme étant de l'euthanasie de convenance.

Or, Le Larousse définit l'euthanasie en ces termes:

acte médical qui povoque la mort d'un malade incurable pour abréger ses souffrances ou son agonie.

Comme ne le cesse de le répéter, Johanne Tassé, il faut faire la distinction entre euthanasie et mise à mort. Ce que nous faisons envers les animaux en santé et adoptables qui se retrouvent au refuge, à la fourrière ou à la rue, c'est de la mise à mort pure et simple!


Extrait vidéo de Johanne Tassé à l'émission À la SPCA - Myriam - 21 jours -  à TV5

Comment tuons-nous 
les animaux de compagnie
dans les fourrières et refuges
au Québec?

Aucune réglementation n'encadre les méthodes d'euthanasie au Québec. Concernant l'euthanasie, les seuls articles inclus dans le Règlement sur la sécurité et le bien-être des chats et des chiens sont:

Euthanasie

44.  Lorsqu'un animal est euthanasié, son propriétaire ou son gardien doit s'assurer que les circonstances entourant l'euthanasie ainsi que la méthode employée ne sont pas cruelles et qu'elles minimisent la douleur et l'anxiété chez l'animal. La méthode d'euthanasie doit produire une perte de conscience rapide et irréversible, suivie d'une mort prompte.

Le propriétaire ou le gardien doit également s'assurer que l'absence de signes vitaux est constatée immédiatement après l'euthanasie de l'animal.

D. 1188-2011, a. 43; D. 1021-2013, a. 11.

44.  L'euthanasie d'un animal doit se faire dans un endroit situé à l'écart des autres animaux.


En décembre 2011, le 
Règlement sur la sécurité et le bien-être des chats et des chiens était édicté et les articles reliés à l'encadrement de l'euthanasie par chambre à gaz prévus dans le projet de règlement étaient retirés de la version définitive du règlement. L’explication de ce retrait fournie par le MAPAQ était que le ministère n’avait pas actuellement le pouvoir de réglementer en matière de méthodes acceptables d’euthanasie.

La seule méthode d'euthanasie qui semble faire consensus pour les animaux de compagnie est l'injection de pentobarbital sodique. Cependant, au Québec, cette méthode ne peut être pratiquée que par un médecin vétérinaire.

La réalité des mises à mort des animaux de compagnie est tout autre chose! Les lacunes de la législation actuelle font que des méthodes douteuses et barbares comme l'électrocution, la décapitationetc., ne sont pas d'emblée jugées inacceptables au Québec, car la réglementation ne précise pas que ces méthodes ne sont pas, en aucune circonstance, autorisées.

L'électrocution

Jusqu'en 2008, l'Escouade canine mauricienne utilisait l'électrocution pour tuer les animaux non désirés.

Extrait vidéo de l'émission J.E. présentant la façon de faire par électrocution de l'Escouade canine mauricienne

On se souviendra également des horreurs dénoncées concernant l'ancienne fourrière municipale de Drummondville, gérée par M. et Mme Picotin. Cette fourrière éliminait des chiens et des chat en plaçant les animaux dans un bac d'eau en métal et en les électrocutant avec des câbles de démarrage pour automobile.




La chambre à gaz

La chambre à gaz est une méthode utilisée dans plusieurs fourrières et la moitié  des SPA-SPCA. Par omission, au Québec, en plus de tuer au monoxyde de carbone (CO), il est toujours possible de tuer avec le dioxyde de carbone (CO2) et cela, même si des recherches ont révélé que cette méthode d'euthanasie est cruelle et ne réduit pas l'anxiété et la douleur infligées à l'animal dans le cadre du processus.

Voir notre dossier sur les chambres à gaz

L'arme à feu

L'arme à feu : L'American Veterinary Medical Association (AVMA), l'Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV), la Commission pour les médicaments à usage vétérinaire (CMV), et The Humane Society of the United States (HSUS) ont tous indiqué que l'emploi d'un fusil pour euthanasier les animaux de compagnie était acceptable uniquement lorsque d'autres méthodes d'euthanasie n'étaient pas disponibles et devait être fait par un tireur hautement qualifié. Cette méthode doit également être faite selon les lignes directrices édictées par l'Association Canadienne des vétérinaires en 1991.

Cependant, pour ces regroupements, un fusil ne devrait jamais être utilisé comme méthode d'euthanasie de routine pour le contrôle des animaux, notamment dans les fourrières municipales ou les refuges d'animaux, pas plus que par le propriétaire ou le gardien d'un animal. Or, au Québec, cette méthode cruelle est monnaie courante chez plusieurs contrôleurs animaliers.

À titre d'exemple, le 9 novembre 2001, l’AMVQ remetait son prix ani-croche (prix citron) à la municipalité de Mirabel qui faisait affaire depuis 23 ans avec le Centre protection canine Mirabel enr. comme services de fourrière municipale. Ces derniers tueaient les chiens et les chats errants ou nonréclamés à l’aide d’une carabine. Deux semaines après l'octroie du prix, la ville cessait cette pratique!



Un autre exemple plus récent, le propriétaire de La Ferme aux toits orange, Roméo Girard a été, jusqu'à tout récemment, et ce, pendant des années, le contrôleur animalier d’au moins trois municipalités de la région de Portneuf. Il éliminait les chiens non réclamés à l’aide d’une arme à feu avant de les enterrer près de chez lui.

Son protocole d’euthanasie:

«Chiens bien attaché, en enclos ou dans le bois chez moi, une balle dans la tête de calibre nécessaire. Sans stress, ni souffrance, ni peur», peut-on lire dans une note manuscrite qui provient du registre du propriétaire, Roméo Girard (1).



Les animaux non désirés considérés comme des matières putrescibles

Au  Québec, la surpopulation animale est si criante qu'à l’instar de la SPCA de l’Outaouais , la SPA de la Mauricie priorise comme projet la construction d’un incinérateur pour y brûler les matières putrescibles incluant les carcasses des animaux tués qui représentent à elles seules pas moins de 32 000 kilos par année. Questionné à cet effet, le directeur de la SPA, Serge Marquis, affirmait:

Le projet d'incinérateur représente donc un élément prioritaire du projet de Centre d'excellence de la SPAM (1).

Même pour une Société dite protectrice des animaux, les animaux tués ne sont plus que des matières putrescibles qu'on élimine comme tout autre déchet. Après le congélateur, l'incinérateur...



On a un véritable problème comme société!
Une honte!


Pourquoi tuons-nous tant d'animaux?

Nous tuons autant d'animaux parce qu'aucune action n'est faite en amont.

  • achats impulsifs, non réfléchis et non planifiés dans les animaleries et les petites annonces (dont les usines sont les fournisseurs);
  • stérilisation non obligatoire des animaux de compagnie;
  • irresponsabilité des propriétaires d'animaux qui jettent après usage (gardant en moyenne 18 mois leur animal de compagnie), etc.

Qui est responsable de ce fléau?

Nos communautés entières sont coupables de ces mises à mort. La mise à mort est une responsabilité de tous et c’est à nous la communauté de dire ça suffit et utiliser des solutions en amont qui ont fait leurs preuves ailleurs en Amérique du Nord.

Johanne Tassé, présidente et fondatrice caacQ