Les fourrières à but lucratif: un fléau national

Une fourrière, c'est un endroit qui ramasse les animaux et qui les tuent par la suite. Ce genre d'entreprise ne répond pas aux besoins des citoyens.                                                                            

                         Joanne Tassé, présidente et fondatrice des caacQ

Le Québec est le seul endroit en Amérique du Nord à faire affaire avec des fourrières à but lucratif. Bon nombre de villes ou de municipalités contractent avec des fourrières privées pour le contrôle des animaux sur leur territoire.  Elles sont partout et souvent sous des noms qui ne représentent nullement leur raison d'être: contrôler et éliminer les animaux non désirés.

N'importe qui peut s'acheter des bâtiments et soumettre ses services  de contrôle animalier aux municipalités. Appliquant la règlementation municipale, les fourrières sont peu soumises à un encadrement quant à leurs opérations.

Selon la caacQ, les services de fourrières ont très peu de normes à respecter en ce qui a trait à la méthode d’euthanasie, à la vente aux laboratoires ou aux instituts de recherche, à la vente de chiens fertiles à des usines à chiots par un intermédiaire ou directement, etc.

Après plus ou moins trois jours, tout animal récupéré appartient à la fourrière. À partir de ce moment, l’animal lui appartient et elle peut en faire ce qu'elle en veut. Or, que cette fourrière ait un contrat avec un chenil (ou une usine à chiots) pour la reproduction ou qu’elle ait un contrat avec une firme qui s’adonne à l’expérimentation animale, elle peut disposer de l'animal à sa guise et agir en toute légalité.

Les animaux qui franchissent les portes de la fourrière peuvent être sélectionnés:

  • une part pour l’adoption (et ces animaux ne bénéficient pas de soins vétérinaires adéquats et, à moins qu'ils le soient lors de l'abandon, ils ne sont pas stérilisés). Des fourrières ont même leurs propres animaleries pour écouler les animaux qui se retrouvent chez eux.
  • une part pour l’accouplement dans les chenils (ou les usines à chiots).
  • le reste est mis à mort (rappelons que 80 % des animaux qui entrent au Berger blanc sont tués). 

Contrairement aux refuges, ces entreprises privées n’ont pas comme but premier de venir en aide aux animaux, de recueillir et de faire adopter les animaux abandonnés. Les animaux y sont considérés comme des nuisances et rien n’est fait pour donner une deuxième chance à ces animaux abandonnés ou perdus.

Plusieurs de ces fourrières n’ont même pas de site Internet qui permettrait de répertorier les animaux trouvés ou ceux qui sont en attente d’adoption. La plupart des quelques animaux adoptés le sont sans être stérilisés avant leur départ. Plusieurs de ces entreprises privées ne tentent pas de retrouver le propriétaire d’un animal perdu, et ce, même s’il porte une médaille, un tatouage ou une micropuce.

Le but premier de ces fourrières:
faire des profit$
comme toute entreprise mercantile!

Au Québec, des histoires d’horreur associées aux fourrières privées sont nombreuses : mises à mort d'animaux dans des conditions douteuses (pour ne pas dire horribles), vols de chiens, saisies sans mandat, vente de chiens abandonnés aux usines à chiots ou aux laboratoires. 

La fourrière municipale de Drummondville

On se souviendra des horreurs dénoncées concernant la fourrière municipale de Drummondville, gérée par M. et Mme Picotin. Cette fourrière éliminait des chiens et des chat en plaçant les animaux dans un bac d'eau en métal et en les électrocutant avec des câbles de démarrage pour automobile.

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Source des images

"J.M.B. Chenil et Fourrière"

À Valleyfield, Murielle Boulerice avait le contrat de fourrière et elle était accusée de laisser mourir de faim dans son chenil les chiens qu’elle ne pouvait vendre. Plusieurs avaient pu être sortis par les « rescues ».Ça a pris deux ans d'interventions par des bénévoles  pour qu’elle perde son contrat avec la ville.


La fourrière Malo

Qui se souvient de la fourrière Malo de Saint-Angèle-de-Monnoir dont l'activité avait été dénoncée en décembre 1989 par une coalition de citoyens se portant à la défense des droits des animaux? Cette fourrière exerçait le commerce honteux d'animaux achetés dans d'autres fourrières du Québec ou volés chez des particuliers. Ces animaux étaient ensuite vendus à des laboratoires expérimentaux des États-Unis dans des conditions sanitaires cruelles et indignes. Entre 100 et 150 animaux y transitaient chaque semaine pour y être exportés aux États-Unis où une loi interdit aux laboratoires expérimentaux d’acheter des animaux dans les fourrières et refuges alors qu’au Québec aucune législation n’interdit encore ce type de commerce. Deux fois par semaine, un gros camion lettré Bio Medical Associated venait y faire la cueillette et les animaux étaient dirigés vers plusieurs points de vente sur la côte Est américaine.

Les citoyens en colère ont bien tenté d'obtenir un mandat de perquisition pour pénétrer dans cette tristement célèbre fourrière et y faire l'inventaire des traitements réservés aux animaux. Ce qui fut peine perdue. Ils ont tout de même obtenu d'un inspecteur de la SPCA qu'il oblige le propriétaire à ne plus parquer de chiots dans des barils de plastique laissés à l'extérieur en plein hiver. Plusieurs chiens sous-alimentés étaient laissés à eux-mêmes dans un enclos à 20 degrés sous zéro.

L'inspecteur canin

Inspecteur Canin est lié par contrat avec plus de trente (30) municipalités : Berthierville, Boisbriand, Pointe Calumet, Crabtree, Lanoraie d’Autray, Lorraine, Municipalité de St-Gabriel, Notre-Dame-de-Lourdes, Notre-Dame-des-Prairies, Oka, Rosemère, St-Alexis (vilage), St-Alexis (paroisse), St-Ignace,Village St-Pierre, St-Ambroise, St-Cuthbert, St-Charles-Borromée, St-Barthélémy, St-Ignace, Ste-Béatrix, Ste-Julienne, Ste-Marcelline, Ste-Mélanie, Ste-Thérèse, St-Liguori, St-Lin-Laurentides, St-Norbert, St-Paul, St-Thomas, Village St-Pierre, Ville St-Gabriel, Ste-Marie-Salomée, Ste-Élisabeth, St-Jacques et St-Joseph-du-Lac.

Que dire, plus précisément, de L'inspecteur canin de St Lin des Laurentides
(appelé par les défenseurs des animaux, exploiteur canin ou exterminateur canin) rendu tristement célèbre après le reportage de J.E. en 2009. Dans ce reportage, on apprenait que les employés de la fourrière entreposaient les cadavres d’animaux dans des cages et des sacs à ordures dans l’arrière-cour. 

De plus, on apprenait que les installations de la chambre à gaz étaient vétustes et sans détecteur à monoxyde de carbone. Malgré les visites d'ANIMA-Québec, c'est un avis de la CSST, qui a demandé des travaux parce que la chambre pouvait représenter un danger pour les employés qui la manœuvraient.  

Regardez l'extrait vidéo de l'émission de J.E. sur les fourrières municipales au sujet des infractions reprochées à l'Inspecteur canin 

L'Inspecteur canin a également été condamné à la Cour des petites créances à maintes reprises pour diverses raisons:

  • avoir vendu des animaux malades (panleucoparvovirus);
  • avoir euthanasié un animal malgré que le chien portait une médaille et que le propriétaire avait fait des démarches auprès de l'entreprise,  etc (jugement).

Après avoir accumulé des témoignages bouleversants sur cette fourrière pendant huit ans, l'activiste, Louise Auger, avait initié une pétition et une manifestation pacifique devant cette fourrière le 2 mai 2009. Nonobstant toutes les infractions que cette fourrière avait commises, celle-ci a envoyé un huissier chez Mme Auger le 17 avril 2009, soit deux semaines avant la manifestation, non pas avec une mise en demeure mais avec une injonction provisoire, interlocutoire et permanente. L'inspecteur canin n'a pas poursuivi les canaux de télévision qui, eux, auraient eu les moyens de se défendre. C'était David contre Goliath.  Une longue saga judiciaire s'enclencha. Après plusieurs remises d'auditions réclamées par la poursuite (L'inspecteur canin), le 23 janvier 2012, un règlement hors cour est survenu. 

Le Berger blanc

Vous vous souvenez du Berger blanc  et de l'horreur vécue par les chats et les chiens pris en charge par cette fourrière à but lucratif? Ses pratiques de mise à mort dévoilées lors de l'émission Enquête en 2011 ont insurgé la population entière. L'émission a permis de mettre au jour des pratiques qui contrevenaient à toutes les normes vétérinaires nord-américaines. Des images insoutenables montrant des animaux souffrir atrocément lors de leur mise à mort et agonisant de longs moments dans l'indifférence totale. Quelques uns étant même jetés vivants aux poubelles.

Cette fourrière a également longtemps été pointée du doigt pour son laxisme à retrouver les propriétaires des quelques 30 000 animaux qui franchissent leur portes par année.  Rappelons-nous l'affaire Zazi où le Berger Blanc a été reconnu coupable d'avoir euthanasié (ou vendu?)  le petit caniche de Danielle Gélinas malgré que l'animal était identifié et que la dame avait fait de multiple démarches pour le récupérer (lien vers le jugement Zazi).

Notre dossier sur le Berger blanc

Le Chenil les 3X

Le Chenil les 3X agit toujours comme contrôleur animalier pour plusieurs petites municipalités dont: la municipalité de Charette, celle de saint-Alexis-des-Monts, la municipalité de Saint-Barnabé et celle de Saint-Élie-de-Caxton, etc.

Regardez l'extrait vidéo de l'émission de J.E. sur les fourrières municipales au sujet du Chenil des 3X, propriété de M. Maurice Isabelle

Refuge des animaux de Saguenay
FOURRIÈRES INTERMUNICIPALES DU SAGUENAY INC

La fourrière intermunicipale du Saguenay (également appelée lRefuge des animaux) a été condamnée après une inspection en 2008 par ANIMA-Québec. Cette fourrière offre le service d'euthanasie par chambre à gaz (SIC).

Regardez l'extrait vidéo de l'émission de J.E. sur les fourrières municipales au sujet du refuge des animaux de Saguenay

Fourrière et élevage en même temps

Que penser d'un élevage qui agit comme fourrière? 

C'est pourtant le cas pour l
a Municipalité de Saint-Rosaire qui fait affaires avec Christian Houle et Jocelyne Levasseur pour la cueillette des animaux errants.  

C'est également le cas pour le Chenil Jacqueline Bardou qui agit comme contrôleur canin pour plusieurs municipalités dans Lanaudière: Sainte-Emélie-de-l'Énergie, Saint-Côme, Saint-Alphonse-Rodriguez, Chertsey, Saint-Zénon, Notre-Dame-de la-Merci, Saint-Félix-de-Valois, Entrelacs et Mandeville.

Et ils ne sont pas les seuls... Le Chenil Boubou qui est toujours contrôleur animalier pour la ville de COOKSHIRE-EATON. Dans le quatrième tableau des condamnations d'ANIMA-Québec, le propriétaire, Robert Bournoyer, a enregistré un plaidoyer de culpabilité le 2 février 2010 pour une infraction commisse le 30 janvier 2008 ET le 13 avril 2010 pour une infraction commise le 16 septembre 2009.
Robert Beaunoyer a également été filmé en caméra caché lors de l'émission Enquête sur les usines à chiots Attention aux chiens (notre page sur ce contrevenant) .

Également dans le quatrième tableau des condamnations d'ANIMA-Québec, le 11 mai 2010, Nadine Beaulieu de Sainte-Anne-des-Monts a payé les frais d'amende et a été réputée coupable de 4 constats d'infraction.  Le lieu agissait comme élevage et fourrière de 20 chiens et de 101 chiens (autre lieu de garde).

Notons que les contrôleurs animaliers ont également le mandat de vendre des permis annuels aux éleveurs sur leur territoire et de les inspecter.  Conflit d'intérêt?  Le problème est que c'est tout à fait légal!

Fourrières privées = mouroirs subventionnés

Les fourrières  privées sont principalement des mouroirs subventionnés où l'intérêt principal est d'éliminer un maximum d'animaux le plus rapidement possible, car il en coûte moins cher que de s'en occuper.

Le mandat d’une fourrière animale est de contrôler et de limiter la circulation errante d’animaux. L’achat compulsif d’animaux, la non-stérilisation de l’animal et les abandons sont la source première de la problématique reliée à la surpopulation animale. Les citoyens sont donc les premiers responsables de ces calamités que sont les fourrières et les personnes qui les opèrent ne se gênent pas de le dire et elles ont, malheureusement, raison. 

À l'heure actuelle, les fourrières à but lucratif du Québec profitent de la surpopulation animale, puisqu'elle gonfle les rangs des animaux qui aboutissent dans leurs installations et leur garantit une source de revenus régulièrs.

Et, tant que nous abandonnerons à la pelle, tant que nous ne serons pas responsables envers nos animaux, les fourrières à but lucratif existeront sur le territoire québécois! Comme l'a si bien écrit Danielle Doyon dans sa lettre ouverte intitulée Berger blanc: le Québec coupable:

Un changement de mentalités s’impose. Cessons de simplement nous insurger devant la cruauté animale et changeons nos comportements. Évoluons merde! Soyons enfin responsables! La recette est si facile. Suffit d’être logique et surtout d’écouter son cœur :  RÉFLÉCHIR - ADOPTER  - STÉRILISER - NE PAS ABANDONNER.